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Poisson mort d'avril ...

Bien que j'aie appris à leur donner presque autant de crédit qu'à Jean-Claude Van Damme et que rien ne devrait plus m'étonner désormais, l'admirable sens des priorités des médias me laisse toujours aussi pantoise.
Non ne je fais pas allusion à la burqua qu'on veut arracher aux 2000 têtes harcelées par la minorité visible au nom de la dignité de la femme, ni à la burqa derrière laquelle Ribéry ferait mieux de se cacher s'il veut que la France lui lâche les basques quant à son cadeau d'anniversaire humain (dignité de la femme on disait?).
Je pense plutôt à l'autre burqa du moment, plus grande, plus noire, plus grave, celle qui cache des délits beaucoup plus inculpables et qui en englue plus d'un : cette gigantesque marée noire qui a suivi l'explosion puis le naufrage de la plateforme pétrolière de British Petroleum et qui continue de s'élargir à raison de 5000 barils / 800.000 litres de pétrole supplémentaires par jour au nez de la faune et de la flore abondante du golfe du Mexique. Pauvre Louisiane, Katrina s'est assuré une descendance!
Le spectacle dure depuis 9 jours, dans l'attente que la surface de la nappe atteigne 3 fois la Belgique. Tout le monde détourne le regard, les british y compris! C'est une "catastrophe nationale" alias américaine. Tandis que les niches de pétrole au pôle nord elles sont une affaire internationale!

"Je continue à penser que la production pétrolière américaine joue un rôle important dans notre stratégie de sécurité énergétique, mais j’ai toujours dit qu’elle devait se faire de façon responsable, pour la sécurité des employés du secteur et la protection de l’environnement". Barack Obama.
Il y a des fois où je me demande si Obama excelle également dans autre chose que le discours ... Je me demande aussi s'il ne prend pas tous ces écolos juste pour des zigotos. Ze sustainable development n'a pas l'air d'être sa tasse de thé. Quel ennui quand ça s'impose à son planning! Copenhague paraissait emmerder sa nouvelle loi sur la santé, et ce déluge pétrolier vient maintenant tarabiscoter sa décision du 1er avril qui était de donner le feu vert à de nouvelles stations de forage tous azimuts. Comme si la centaine de plateformes pétrolières avoisinantes ne suffisaient pas. Qui a dit que l'or noir perdait de son attractivité?
L'exploitation pétrolière en mer n'est pas encore sur la pente descendante. Elle est juste suspendue : "aucun nouveau forage n’a été autorisé et aucun ne le sera tant que nous n’aurons pas déterminé ce qui s’est passé et s’il s’agit d’un événement exceptionnel ou que l’on aurait pu empêcher". L'évènement n'est pas plus exceptionnel que les précédents. Et les causes non plus : des compagnies pingres en dépenses de dispositifs de sécurité ("pu empêcher?"). Les 11 disparus après l'explosion ne sont même pas évoqués. Le but est de creuser, trouver, empocher et basta. Aux gouvernements de procéder aux fouilles et aux bénévoles de nettoyer les côtes.
Et le monde de se demander qui va payer la note ! Erreur. Le concept du pollueur payeur ne s'applique pas aux géants du pétrole comme la BP. Et d'ailleurs ça n'a aucune importance. Les dégâts écologiques sont irréversibles. Si dédommagement il y a, seuls les pêcheurs ou les quelques dégâts récupérables de l'économie maritime qui en dépendait peuvent y prétendre. Ce ne serait pas cher payé. Mais ça relève quand même d'une justice improbable dans le monde des affaires : les meilleures entourloupettes des meilleurs avocats au monde dont BP peut s'offrir les services viendront "noyer le poisson" et dans une semaine personne n'en parlera plus.

Réflexion faite, tout ceci n'est pas grand chose finalement. Ca ne se passe pas sous nos yeux, ça n'a abattu aucune maison, ça n'a noyé aucune voiture et personne n'a été privé de jus. Pourquoi s'en soucier?
Réaliser la portée des dégâts qui ne nous affectent pas personnellement n'est pas encore dans nos cordes. Bien que notre hôte la Terre nous ait d'ores et déjà manifesté sa fièvre à plusieurs reprises, attendons encore. Soit que des sardines qu'on nous persuadera par tous les moyens être comestibles viennent capoter notre système immunitaire, soit qu'une seconde éruption volcanique chauffe les cieux clouant au sol plus d'un continent et faisant couler plus d'une compagnie aérienne. Ca n'a rien d'improbable.
Mais pourquoi évoquer les compagnies aériennes? Parce que l'économie est manifestement le seul souci qui vaille la peine et attire l'attention. Si l'économie se fout des bébés orangs-outangs, elle se foutra moins de ses rentrées d'argent. Son incorrigible tohu-bohu n'est pas sans conséquences sur le climat qui n'est à son tour pas sans conséquences sur l'activité du magma et la poussée d'Archimède dans les cheminées volcaniques. Faire joujou avec plus grand qu'elle lui vaut de réduire aussitôt ces supposés maîtres des airs à plus fragiles que de vulgaires avions en papier.

En attendant Greenpeace peut toujours jacasser, à moins de changer d'interlocuteur (ou de coupable!) : à quoi lui sert-il de se plaindre à l'Etat de ces requins quand ce sont ces mêmes requins qui financent les campagnes de ces hommes d'Etat ?

Zemmour dans le viseur

En attente sur le pilori, les yeux tous ronds et le sourire niais, Eric Zemmour se fait gentil et tout petit.
A toujours faire fixette tous plateaux TV confondus sur son débat fétiche qu'est l'immigration, il a fini par ne plus savoir déguiser ses propos ô combien piquants tous les uns autant que les autres! Rokhaya Diallo (présidente de "Les Indivisibles", association antiraciste) l'aura bien mis hors de ses gonds sur le plateau d'Ardisson, et on l'aime bien rien que pour ça :-)
Aperçu, pour le plaisir des oreilles !



Dommage que Zemmour ne soit pas français "de souche", Le Pen l'aurait sans doute attiré sous sa houlette! :-D


Tout ça est jouissif pour bien du monde évidemment. Ca excite les foules, surtout grâce à l'effet "show" instauré par Ardisson, gagnant au change, qui en rajoute une couche avec son intitulé "Immigration-Zemmour dérape", comme si lui même y croyait ! Zemmour : 
"Il mime un effarement scandalisé d’autant plus surjoué qu’il est enregistré et inséré a posteriori, tandis que pendant l’émission, il avait pris un air patelin, pour me glisser à l’oreille : «tu as un rôle très important dans la société de dire les vérités qui dérangent... Ne t’inquiète pas, je te protégerai au montage...". 
Il a du oublié ses propos depuis puisque il attaque Zemmour en diffamation ...

Quoiqu'il en soit, ce fût l'occasion idéale pour les organisations antiraciste de contre-attaquer après que ce cher et tendre chauvin ait pris auparavant le soin (car Zemmour n'oublie personne!) de toutes les juger comme étant "inutiles, coûteuses et sans légitimité démocratique". Et c'est bien ce qu'elles font. La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme) se plaint : "A la lumière de son dernier ouvrage Mélancolie française, faut-il entendre qu’Eric Zemmour regrette un temps où les trafiquants étaient blancs et français ? Le journaliste devrait se souvenir de cette époque pas si lointaine d’avant-guerre où, dans notre pays, pour les tenants de cette rhétorique il ne faisait pas bon de s’appeler… Zemmour."
La LICRA finit par poser plainte contre lui, suite à quoi le boss de notre gus, directeur de la rédaction du Figaro, "le convoque lundi prochain pour un entretien préalable à un éventuel licenciement".
Zemmour a envoyé un communiqué (où il s'excuse et s'explique) à la LICRA depuis mais cette mort médiatique que tout le monde guette est une chose à laquelle j'ai beaucoup de mal à croire ... Zemmour est encore loin de prendre ses cliques et ses claques puis la porte. La politique à la Zemmour ne peut pas rimer avec stupidité, pas assez en tous cas pour s'être soi-même mis la tête sur le gril. Il a l'air seul envers et contre tous mais il n'en est rien. Son air hagard placardé sur tout article à ce sujet lui donne un air de repentant qu'il n'est pas du tout. Il a suffisamment de soutien derrière pour se permettre de heurter sans conséquences notables. Un soutien qui n'aimerait pas se faire connaître. Mais parmi la minorité connue se trouvent les membres du Figaro pour commencer. Mieux : il a des centaines de messages de réclamation des abonnés au Figaro qui menacent de se désabonner, et au programme de demain une manif devant les bureaux du Figaro. Et puis on peut toujours compter sur les fanas de la liberté d'opinion et d'expression (tout à fait légitime, j'en conviens) pour compléter le panel.
Zemmour est l'ambassadeur de la presse d'extrême droite qui n'a rien à perdre à se faire huer. C'est à leur main un instrument intelligent qui trouve son compte à être la persona grata de ceux dont le racisme s'exprime par tous les moyens autres que celui sanctionné : la parole. Et s'il y a bien quelqu'un à réprimander dans tous ça c'est bien ceux dont le racisme cause plus de tord que d'audimat. Les projecteurs sont sur le second, jamais sur le premier.

"La plupart des délinquants sont Arabes et noirs". Le monde s'est accroché à cette phrase. Voilà. L'écoute s'est arrêté là et tout le monde mitraille depuis 20 jours. Le débat n'évolue pas, les confrontations stériles reprennent du service et ne servent qu'à remettre toujours et encore le sujet-phare de l'immigration sur le tapis. A croire que jamais ça ne s'arrêtera. Les vraies questions elles, elles ne sont pas pour demain.
Mais parmi elles, paradoxalement, une que Zemmour, aussi détestable puisse-t-il être, a le mérite de soulever dans son communiqué, où il revient à la charge, toujours aussi fidèle à lui-même :
"On me rétorque un peu facilement qu’il n’y a pas de statistiques ethniques pour prouver mes dires. Pourtant, devant une commission parlementaire du Sénat, Christian Delorme, surnommé «le curé des Minguettes», ne déclarait il pas : « en France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons, impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas encore en parler.»

Il y a quelques années, une enquête commandée par le ministère de la justice, pour évaluer le nombre d’imans nécessaires, évaluait le pourcentage de «musulmans dans les prisons» entre 70 et 80%. En 2004, l’islamologue Farhad Khosrokhavar, dans un livre «L’islam dans les prisons ( Balland) confirmait ce chiffre. En 2007, dans un article du Point, qui avait eu accès aux synthèses de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP) et de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) on évaluait entre 60 et 70% des suspects répertoriés issus de l’immigration. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la direction centrale des RG relevait que 85% de leurs auteurs sont d’origine maghrébine. Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes, établissaient que 87% étaient de nationalité française; 67% d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. La «plupart» est donc, au regard de ces chiffres, le mot qui convient.

Mes contempteurs pourraient d’ailleurs me rétorquer que ces chiffres prouvent bien que les personnes issues de l’immigration sont défavorisées, puisque depuis Victor Hugo, on sait bien que c’est la misère qui crée la délinquance. On pourrait aussi rappeler que dans tous les pays d’immigration, les derniers arrivés donnent souvent les gros effectifs à la délinquance - Irlandais dans l’Amérique du XIXème siècle, Marocains dans l’Israël des années 50, Russes aujourd’hui. Ces arguments ne sont d’ailleurs pas sans fondement, mais on ne me les présente nullement. On exige seulement que je me taise."

Sauf que beaucoup aimeraient qu'il se taise pour d'autres raisons bien plus simples : rompre le cycle : arrêter d'alimenter le débat qui aboutit sur l'effet pervers qu'est la stigmatisation de ces "noirs et arabes", qui à son tour instaure une ambiance pour le moins nauséabonde encourageant toutes les hostilités, ce qui à son tour mène au débat (et rebelote). La boucle et bouclée.

Un peu plus loin, il exprime vouloir poursuivre le débat en dehors du cadre de la justice :
"Notre rencontre a eu le mérite d’ouvrir un dialogue qui je l’espère pourra se prolonger, hors de l’enceinte d’un tribunal."
Résultat, La LICRA lui donne RDV demain jeudi sur le plateau de BFM TV ... En effet, jamais ça ne s'arrêtera.

Nicolas le humble !


Sarko a rangé son cheval de bataille au meeting de TF1 de ce lundi 25 avec 11 français (11 problèmes) triés sur le volet. La méthode offensive habituelle n'était étonamment pas au rendez-vous. On aurait dit une leçon de communication (réussie!) où Sarko était l'apprenti, une sorte de première consultation de psy, basée uniquement sur l'écoute. Il a fait profil bas : il doit s'être fait violence pour faire preuve d'une humilité très inhabituelle, lui qui d'habitude sort facilement ses griffes, son agressivité, et dont les nerfs sont souvent et rapidement à fleur de peau. Il a joué la carte des sentiments et de la compassion pour apaiser les plaintes, se retirer du viseur et peut-être aussi doper sa popularité plutôt médiocre à mi-mandat et à la veille des élections régionales.
Le plus étonnant aura été son aveu camouflé de faiblesse : ''votre situation n'est pas facile mais comprenez que mon travail n'est pas facile non plus''. Du jamais vu de la part de Sarko le puissant, l'ambicieux, l'arrogant, le confiant en tous temps toutes circonstances!


On ne savait pas trop à quoi allait servir ce petit meeting politique à comité restreint faussement intime. Un propos est revenu maintes fois dans les réactions des invités après-coup : ''Il fallait qu'il sache'' : ils n'avaient en tous cas pas l'air d'attendre une solution concrète à leurs maux la soirée même (heureusement, Sarko est sans doute fanfaron, matador et exaspérant mais pas encore messie!), ils donnaient l'impression de penser que le président n'est pas au courant des maux de son pays (???), n'auraient-ils aucune confiance dans les médias et les hommes politiques pour faire remonter l'info? Peut-être n'ont-ils pas tort.

Il est vrai que je me fais toujours un plaisir de fustiger Sarko, surtout quand il sort son artillerie lourde, violente, hypocrite, fausse, condescendante, accusatrice et j'en passe (et voilà que je le refais), mais s'il y a une bonne chose qui est sortie de cette ''confrontation'', c'est qu'il s'est mis sur la longueur d'onde de la population. Dit comme ça, ça ne parait pas grand chose, si ce n'est rien. Parce qu'au fond, on néglige peut-être trop souvent l'importance des outils de communication. Le ''il faut qu'il sache'' qui revient souvent remet en cause une chose toute conne : l'entourage d'un président ne paraît pas être un milieu facilement pénétrable par les idées qui transitent dans la population. Un 1er et unique meeting seul face à des français, façon télé-réalité, doit considérablement changer sa ''réalité'', c'est évidemment une façon beaucoup plus fiable, parlante et certaine de mesurer le poux d'une république malade que celle des sondages à foison qu'il commande sur à peu près tout et n'importe quoi et auxquels les politiques accordent beaucoup plus de crédit et de sens qu'ils ne devraient. Il ne quitte jamais sa bulle puisqu'il est toujours entouré de toutes parts de gorilles de gardes du corps quand ce n'est pas son gouvernement ou ses lèche-bottes d'amis, il y a matière à penser que son manque d'accessibilité est ''contre-communicatif'', qu'il ne perçoit pas exactement l'opinion populaire véritable. Ca fait une bonne excuse pour les promesses non tenues! Ceux qui tiennent à ce qu'il ''sache'' présument  involontairement quelque part qu'il ne pouvait rien faire, car il ''ne savait pas''. Un président se doit d'être accessible à ceux qui l'ont élu. S'il ne l'a pas été, il est seul à blâmer.

Paradoxalement, ça n'aura pas été faute de se montrer, il se montre tellement partout et tout le temps que ça en devient la règle. Mais à trop communiquer sur tout et n'importe quoi en passant par sa vie privée et ses déboires ''trépidants'', la communication ne remplit plus son rôle, les messages ne passent plus car les gens n'écoutent plus.

Gros point noir tout de même : ce panel était soit-disant représentatif de la société française. Vraiment??? Et en quoi? Sur quels critères? Par le biais des sondages (encore)? Parce qu'entre une chômeuse diplômée de grande école (alors que ce sont les derniers des derniers à souffrir du chômage), une employée qui se voit refuser des heures supp (alors qu'en général les employeurs les encouragent et les employés y sont hostiles), et un homme de couleur vivant en cité, socialement bien intégré en apparence qui se proclame fier de la politique de sécurité excessive et obsédante de Sarko (alors qu'elle est pointée du doigt par les vrais habitants de cité qui ne demandent que la paix), il y a sérieusement matière à douter de cette représentativité. Ces cas ne me paraissent pas vraiment (voire pas du tout) récurrents. Ou alors l'Élysée a trié de sorte à ménager son président affaibli de situations embarrassantes devant des cas plus réels, plus complexes, moins tempérés dans le choix du ton, des mots, des questions et des reproches qu'il aurait mérité qu'on lui fasse publiquement. Pour une fois qu'il était à l'écoute, dommage que son oreille (ou son égo) n'ait pas eu la version plus ''vive'' des plaintes de son peuple.
Et au passage, l'employée en question ne peut faire d'heures supplémentaires car son employeur les refuse. Elle ''applique'' clairement le concept sarkozyste du ''travailler plus pour gagner plus". Son problème est purement technique. Son intervention ne soulève aucune question de fond, aucun problème, aucun débat. On se demande bien ce qu'elle faisait là.

Et puis depuis quand J-P Pernaut (populaire ok) est le journaliste le plus qualifié pour animer ce genre d'émission politique ... ???

Cécile Duflot n'est pas une potiche !

Le meilleur de Nicolas Hulot combiné au meilleur de Daniel Cohn-Bendit plus une grosse pincée de franc-parlé (ce que les coincés jugent ''non professionnel''), un sens de l'urgence (ce qu'ils appellent discours apocalyptiques), d'émotivité (ce qu'ils appellent crédulité, naiveté), de rebellion (ce qu'ils prennent pour caprice de jeunesse), de spontanéité (ce qu'ils qualifient d'inexpérience), ça donne Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. 

Une écolo dans l'âme avant tout. Une personne entière, normale. Elle fait de la politique sans parler ''le politique''. Elle envoie sur les roses les lèches-culs de politiques. Elle ne vient pas en tailleur. Elle ne va pas chez le coiffeur. Elle ne se maquille pas. Elle n'aime pas la caméra. Pire, elle craint les médias. Elle ne s'économise pas quand elle parle. Elle met dans ses discours toutes ses convictions, toute sa volonté, toute sa personne. Elle étale publiquement ses forces comme ses faiblesses.
Sarko lui écorche le nom : "Mme Soufflot". Ses compagnons Verts dénigrent son âge :"c'est une jeunette, elle s'y fera". D'autres chimères s'attaquent aux prénoms de plantes de ses 3 filles : Bleuette, Anémone et Térébentine. Grossomodo, elle fait l'objet de moqueries de politiques endurcis. Mais bon, il faut bien qu'ils s'occupent (à faire les vipères) pendant tout le temps libre qu'ils ont à ne pas faire ce pourquoi ils ont été élus !
Encore une fois, en tant qu'écolo emmerdeuse que je suis, je défends quiconque se range du côté de la planète. Donc non, Cécile Duflot n'a rien d'une potiche !

"Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé"

Les adjectifs étaient d'abord très indulgents : "Un rassemblement sans précédent", "le plus grand RDV de la planète", etc. Quelques désillusions plus tard, ils deviennent : "un accord à minima", "un accord à l'arraché, non contraignant, insuffisant". Après-coup, les discours en langue de bois baissent crescendo et tout le monde s'accorde à dire que le sommet de Copenhague était finalement un total échec.
Une interview que j'ai lue sur le sujet sur le Monde.fr m'a parue intéressante de part le fait qu'elle expose la vision philosophique, et pourtant simple, de cet échec. L'interviewé : Michel Serres, académicien-philosophe qui enseigne à Standford. Je tenais à retenir quelques passages, que j'ai glissé plus bas ...
Interview originale ici


" ... Si le sommet sur le climat a été un échec, c'est d'abord parce que mettre 192 personnes autour d'une table relève de la grand-messe plus que de négociations véritables. Le problème vient surtout de ce que ces 192 personnes sont des hommes d'Etat, dont la mission première est de défendre les intérêts de leur gouvernement et de leur pays. La politique examine les relations humaines. Or, l'enjeu de Copenhague n'était pas les relations humaines, mais le réchauffement de la planète ... un objet qui dépasse l'horizon classique du politique. Ce que montre avant tout le sommet de Copenhague, c'est que les limites du politique sont aujourd'hui atteintes à un point sans précédent dans l'histoire ... mais il faudrait aussi parler du scientifique. Jamais ces 192 personnes ne se seraient réunies s'il n'y avait eu derrière elles les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), c'est-à-dire les savants. Deux groupes de personnes sont donc en jeu : un groupe d'experts qui savent mais qui ne sont pas élus, et un groupe d'élus qui ne savent pas. Pour avancer, il faudra inventer une reconfiguration de ces deux profils. Celui du politique comme celui du scientifique, dont l'implication dans la vie de tous est aujourd'hui absolument nécessaire.
... "Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé", a ironisé le président du Venezuela, Hugo Chavez. Il souligne la suprématie qu'a prise l'économie dans la gestion du monde. Depuis 150 ans, il est entendu, aussi bien par la gauche extrême marxiste que par la droite la plus pure, que l'économie est l'infrastructure essentielle des sociétés. Dès lors, il suffit qu'arrive un gros nuage dans ce domaine pour que tous les politiques se mobilisent. Mais je soutiens depuis longtemps que l'économie n'est qu'un paramètre parmi d'autres. Et que la crise financière qui bouleverse aujourd'hui le casino de la banque n'est que le révélateur de ruptures autrement plus profondes, pour lesquelles les termes de "relance" ou de "réforme" sont hors de propos."
M. Serres.

Copenhague: utilité versus futilité


In extremis. Un accord conclu à moins une. Mais lequel ?! 
Ce sommet n'aura peut-être pas servi qu'à donner bonne conscience aux leaders pendant 15 jours mais tout de même, rien de juridiquement contraignant n'en est sorti. C'est un accord politique qui n'oblige à rien et qui n'engage que ceux qui en attendent quelque chose de bon.
Sarkozy, l'écolo saisonnier, a rendu compte fièrement (un peu trop, comme d'habitude) du contenu : quelques sous contre la déforestation mais aucune mesure prise contre les émissions de gaz à effet de serre (LE problème en effet!). Tout le monde s'est renvoyé la balle pour savoir qui allait se mouiller le premier et s'engager sérieusement à quelque chose. Personne n'a cédé. Personne n'a rien fait. C'est reporté pour un énième prochain débat infructueux et en attendant, les plus vulnérables peuvent bien crever. L'industrie d'abord.

D'ailleurs, à part les ONG qui étaient presque interdites de séjour aux débats vu leur nombre (on sait pourquoi!)... le sujet intéresse qui? Copenhague est loin d'avoir fait des vagues parmi les gens. Et si intérêt il y a, c'est souvent par effet de mode, loin d'être sincère. Etre écolo ça "fait bien". L'idée est vite balayée.
La pétition ''ultimatum climatique'' qui a pour objectif de regrouper 1 million de signataires n'a, après plus de 3 semaines (minimum), rassemblé que la moitié. Les gens sont 36 fois plus nombreux autour de choses 36 fois plus futiles. C'est honteux d'être aussi volontairement sourd à un tel message.

Les médias ne sortent pas du lot. Que se passait-il pendant les 15 jours du sommet ? On ne sait pas, personnellement je ne trouvais rien nulle part si ce n'est ce qu'on savait déjà ... Nous avons eu droit au news concernant l'ouverture puis ... plus rien jusqu'à la clôture, et encore, "clôture" entre parenthèse car les infos à propos de la neige aujourd'hui inondaient les médias, ça devenait même barbant, comme si le pays n'avait pas connu de telles vagues de froid auparavant. Maintenant que la neige s'installe, personne ne sait plus circuler en France !
En ce moment les articles qui ont rendu compte instantanément de la conférence de presse de Sarko tout à l'heure sur l'accord conclu se comptent sur les doigts d'une seule main. C'est à des années-lumière de rivaliser avec les news de la ligue des champions !

L'UMP vole au secours du monde! Youpi!



Tout cela sonne incroyablement faux ou seule moi aie cette impression ? Non pas que je trouve que musique et politique soient incompatibles mais dans ce cas-ci, la fusion est catastrophique ! Je ne sais pas si c'est l'image de la politique française ou l'UMP en particulier qui ne s'y prête pas, mais le résultat est affligeant. 
Si c'est censé toucher les jeunes, c'est raté. C'est vraiment mal ciblé, la musique et les paroles sont tellement cul-cul la praline, et les expressions (de nigauds) tellement hypocrites, niaises et bébêtes ! Et que de piètres chanteurs ! Le playback est affreux !
Peut-être est-ce la preuve au final que l'UMP ne connait pas les jeunes de chez elle ...
Et puis franchement, sauver le monde, avec le globe en fond de décor ... quelle prétention ! Avant de se prendre pour Dieu, qu'ils sauvent d'abord leur assemblée où ils se tirent dans les pattes comme des gamins.
Pathétique.

Pôle nord : La banquise aux trésors cachés!

Les symptômes de fièvre aiguë au pôle nord ne font décidément pas que des malheureux ! Ils annoncent de beaux jours à venir pour les l'industrie pétrolière et minière !
La surface et l'épaisseur de la banquise nord se sont divisées par deux. La fonte des glaces aux pôles tracent des voies maritimes viables pour les convois commerciaux dans des territoires de l'extrême nord qu'on n'espérait même pas approcher autrefois ! La donne a changé maintenant qu'on sait que la banquise maigrit à vitesse grand V et que 1/4 des ressources inexploitées de la planète se trouve dans les sous-sols et fonds marins du pôle nord ! Quand je dis ressources du sous-sol et des fonds marins, j'entends par là énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel, nucléaire, etc), ressources minérales (diamants, or, platine, titane, etc), et pêche.
En d'autres terme, c'est LE nouvel eldorado commercial, le nouveau terrain de jeu pour la cupidité mondiale! Et certains l'ont flairé il y a un moment déjà! Le Canada commence à sérieusement s'approprier les lieux (peut-être est-ce pour passer de 3ème à 2nd distributeur mondial de diamants ? ) et les autres pays riverains (U.S., Russie, pays scandinaves, etc) sont en train de suivre. Tout le monde veut y planter son drapeau aujourd'hui histoire de pouvoir réclamer un droit de véto sur le terrain demain ... A bon entendeur ...
Ca sent le roussi quant à la bonne entente occidentale quand il s'agira de débattre du pôle !

Et pourquoi c'est dangereux?
Parce que les investissements industriels dont les dispositifs et constructions visant à exploiter ce panel de ressources alléchantes (installations minières et pétrolières, etc) sont pollueurs par nature et donc synonymes de (gros) dommages environnementaux supplémentaires.
Et pourquoi c'est dangereux à cet endroit plus qu'ailleurs ?
Parce que le pôle nord est une zone très vulnérable mais fondamentale pour l'équilibre climatique de la planète. Elle tire vers le bas les moyennes de température planétaire quand elles sont tirées vers le haut dans les zones les plus ''réchauffées'' ...
Encore des bâtons dans les roues pour Copenhague. L'extrême nécessité d'aboutir à un accord concluant et juridiquement contraignant d'ici la clôture du sommet vendredi prochain en sort alourdie et plus difficile ...

Obama, a (very) common man!


Voici Obama pendant la cour de recré du G8, Mister the President à l'air fan de fesses! Qui peut le blâmer? Mais ... seraient-elles plus attrayantes que celles de Michelle? :-p
Le gugus d'à côté à l'air de bien ricaner ... mais bon, nous aussi :-)

Présidentielles 2012: photo du mois !


Les fichiers "répliques" de EDWIGE

''Nous ne sommes pas censés être fichés sur ce que nous sommes mais plutôt sur ce que nous faisons.'' Entendu. Même écho partout. Pourtant...
Les 2 fichiers remplaçant le fichier EDWIGE (pourquoi 2 d'ailleurs?) à destination des flics reprennent une bonne partie des informations répertoriées dans EDWIGE, à savoir les civils dès 13 ans, l'activité syndicale si activité il y a et l'origine géographique (façon détournée pour dire l'ethnie). En quoi de telles informations pourraient-elles aider la police dans ses enquêtes? Il est proclamé que la difficulté de celle-ci provient de l'identification physique de la personne recherchée, en quoi donc ces informations sont elles plus efficaces qu'un portrait-robot et un casier judiciaire? Ils doivent bien servir des requêtes particulières, des requêtes qu'on ne semble pas connaître ...


30% des personnes fichées au STIC sont fichées à tort (l'humeur du flic et la tronche du civil ont peut-être leur poids dans l'histoire après tout!). Qu'est-ce qui garantit que les deux nouveaux remplaçants d'EDWIGE permettront moins d'erreurs? Rien a priori.
Le plus ridicule c'est que ces fichiers ne sont pas censés regrouper les délinquants en tous genres (ceux-là sont déjà connus des flics), mais les personnes susceptibles de commettre un acte de délinquance (?!). Ok. Et comment fait-on pour reconnaître ces futurs délinquants? (ce qui est déjà vachement tordu ...) Eh bien le choix des éléments d'information contenant les fichiers (passés en revue plus haut) en donnent une idée ...
Des procès d'intentions officialisés et légitimés, purement et simplement. Les flics, après avoir été nounous de banlieue, s'improvisent oracles! :-p
Dur dur d'être flic!

Afrique : L'hypocrisie occidentale

"Un enfant meurt toutes les 6 secondes en Afrique". Aujourd'hui, ça devient banal de nous servir ça au JT avec le sourire, entre un futile fait divers surmédiatisé qui n'a rien à faire là et le transfert du footballeur lambda pour 94 millions d'€ ... Rien que ça! 

Un toutes les 6 secondes. On l'a connaît cette tournure de phrase classique après tout, elle revient à chaque fois qu'on aborde la pauvreté meurtrière en Afrique, avec en fond une photo qui fait mal aux yeux : le portrait misérabiliste et déchirant d'un enfant fixant l'objectif, le regard lourd de sens, entouré de mouches, la peau sur les os, gravement rachitique. 
Sérieusement, est-ce que ça choque encore des âmes ce genre de constat? Quelqu'un s'alarme-t-il? Le monde ne le savait-il pas déjà? Soyons honnêtes, tout le monde s'en fout. On a les moyens de nourrir toute la planète, la famine n'est donc pas une fatalité, c'est un crime. Ceux qui peuvent changer la donne s'en foutent comme de l'an 36 de ce qui se passe en Afrique, à moins qu'ils aient un quelconque intérêt dans l'histoire. Il n'y a jamais eu de véritables mesures à la hauteur de l'urgence, aucune véritable intention de l'occident à oeuvrer pour la cause la plus noble à mes yeux : sauver des vies.
Et puis s'il on y regarde bien, l'occident n'a pas intérêt à ce que la situation s'améliore. Il y a suffisamment de pays émergents qui viennent déranger le fragile équilibre de l'activité du petit comité restreint que sont les (futures ex) premières puissances économiques mondiales. Pourquoi se mettre plus de bâtons dans les roues?
Se targuer de militer pour les affamés et jouer les humanistes donneurs de leçons, c'est bon pour l'image. Les discours cul-cul la praline, les blablas moralisateurs de faux philanthropes, ça fait bon effet auprès des idiots. Tant que ça ne requiert pas d'actes, on en use et abuse.
Je ne crois pas que l'humanisme sincère, les bonnes intentions, la solidarité (aussi cliché et mielleux que ça puisse paraître) soient absents de nos sociétés, mais celles-ci ont la fâcheuse manie de se concentrer chez ceux qui n'ont aucun poids conséquent dans les décisions de ce monde. Et même à supposer qu'une once d'humanisme, de philanthropie, ou même de pitié gravite l'échelle de la hiérarchie internationale, je fais confiance à la capacité de l'argent et du pouvoir à pervertir, à insensibiliser, à matérialiser n'importe quel esprit pour que celles-ci disparaissent aussitôt.


Les Nations Unies se sont données en 2000 un délai de 15 ans pour atteindre 8 objectifs mondiaux, parmi eux une bonne moitié qui concerne directement l'Afrique :
- Réduire de 2 tiers la mortalité enfantine
- Réduire de moitié la population vivant avec moins de 1$/j
- Réduire de moitié la famine mondiale
- Universaliser l'enseignement primaire
On est à la veille de 2010, 2 tiers du temps accordé passé pour au final ... pas grand chose ...
L'ONU pointe du doigt le contexte économique mondial non favorable comme (soit-disant) principal coupable. Le prétexte est valable depuis au plus tôt 2007, car la crise a tout de même mis du temps à toucher tout le monde ... mais avant 2007, quelle était l'excuse?
Et avant 2000? L'ONU existe depuis 1945 après tout ...

M. Moore revient à la charge !

Après avoir fait sortir de ses gonds Bush et ses marionnettes, General Motors et les législateurs du port d'armes US, Wall Street est à son tour sur le banc des accusés de Michael Moore dans son dernier documentaire "Capitalism : A Love Story".
Je trouve que Mr. Moore a le mérite de refroidir les nerfs, crever l'abcès et cracher au monde ce qui doit l'être ...
Sa méthode : faire le con, l'emmerdeur, le ridicule, le lourd, l'irritant.
"Nous avons une loi aux Etats-Unis qui déclare illégaux les paris à la bourse, mais nous avons laissé faire Wall Street, et ils l'ont faire avec notre argent, en le plaçant sur d'invraisemblables produits dérivés ... La démocratie n'est pas un sport où l'on se contente d'être spectateur. C'est un événement où l'on se doit de participer. Si on ne le fait pas, alors la démocratie n'a plus de raison d'être. Le président Obama réussira ou échouera non pas sur ce qu'il fera, mais sur ce que nous faisons pour le soutenir." Michael Moore.
Sortie le 25 novembre 2009 !
Voici la bande-annonce:

La manipulation médiatique, tout un art ...

Il est impossible de nier la puissance des médias. A l'évidence, nous faisons nos choix civiques sur la base des infos qu'ils mettent à notre disposition. Malheureusement, ils s'agit souvent des médias proches du pouvoir, ou du pouvoir même.
On a cependant tendance à oublier qu'on ne sait que ce que ces médias veulent bien nous dire. Pour peu qu'ils aient un intérêt particulier dans un domaine particulier (ce qui est souvent le cas), ils sélectionneront et surexposeront ce qui les arrange et passeront sous silence ce qui ne les arrange pas. Ils maintiendront l'opinion occupée, soucieuse des problèmes qu'on lui dit être essentiels, des questions qu'on lui dit être primordiales, l'attention détournée du reste.
D'ailleurs ce que les médias jugent être un "problème" ressemble souvent à une invention dont on persuadera l'opinion, qui ensuite réagira dans le sens où elle demandera certaines mesures pour remédier au "problème", des mesures que le pouvoir se fait un plaisir d'instaurer car c'est ce qui, à la base, motive la "création" du problème, c'est la recherche de mesures qu'on veut faire accepter à la population inconsciemment, de façon detournée. Le pouvoir/Les médias (deux entités qui s'entendent de toute façon quand elles ne représentent pas une seule même entité) utilise l'opinion pour atteindre ses objectifs.
La recette est donc simple : on désigne un problème, une menace, on laisse mijoter et cogiter la populace, puis on pointe du doigt l'auteur, le coupable, l'ennemi, on relaisse cogiter et s'agiter la populace, puis on laĉhe les solutions, les idées, les théories, les débats, la populace demande des actions, du changement, et là on agit, on "règle le problème", on prend des "mesures d'intervention" alias "on fait ce qui nous chante" tout en donnant l'illusion d'être au service de cette populace, d'oeuvrer pour son bien. Si c'est pas génial ça !
C'est ainsi qu'on cautionne les ravages opérés sur certains territoires étrangers sans accuser les auteurs de criminels, qu'on fait passer une loi qui aurait été impopulaire et donc rejetée en d'autres circonstances, qu'on fait consommer un produit qui n'a de l'intérêt que depuis qu'on a clamé haut et fort ses soudains bienfaits ...
Nous pensons être acteurs de nos sociétés, mais nous nous mettons peut-être le doigt dans l'oeil.

La restitution de l'info est aussi une histoire de manière : selon qu'on présente les choses avec subtilité, adresse, tact, on fait appel soit à la reflexion, au sens critique, à la rationalité de l'opinion, soit à ses émotions, sa sensibilité, sa vulnérabilité (pour moins réflechir, mieux se faire berner). Tout dépend de la façon dont la presse aimerait que l'opinion réagisse.

A côté de la manière de "restituer" l'info (si à ce stade on peut encore parler de restitution) se trouve une des méthodes des plus efficaces pour manipuler et des plus classiques : les sondages d'opinion, ou plutôt le façonnage de l'opinion (à défaut de la refléter). Par souci de contrôle, le pouvoir investit des sommes considérables pour sonder tout et n'importe quoi.
Résultat : des outils très douteux dont le manque de crédibilité se dédouble par ce qu'en font les médias. Ils sont soumis à la population à des moments cruciaux, sur des sujets cruciaux aux retombées considérables. C'est de la manipulation aggravée par des outils de manipulation faussés. Pas besoin de calcul mathématique pour déduire la très faible probabilité d'obtenir une information juste et fiable par ce biais ...
Ceci dit, les sondages constituent matière à débat à bien des niveaux, c'est un autre sujet, un vaste sujet, dans un autre billet peut-être :-)

Passée la critique des médias, je me rend à l'évidence : nous ne pouvons pourtant pas imaginer un monde sans eux. Il faut bien un "messager" pour maintenir la communication, l'échange, mais de façon transparente. C'est un très fragile équilibre, la frontière est extrêmement floue.
Les médias sont faits d'hommes, et l'homme est corruptible. Le pouvoir a toujours intérêt à se mettre les médias dans la poche. La déduction est donc intuitive, pas besoin de creuser loin, la relation entre les deux est manifeste.
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