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Juste un autre patriarcat ...

Big Love. Un titre racoleur au possible. De quoi nous renvoyer vers les images d'amourettes mielleuses, surfaites et pénibles. Et pourtant, j'ai été agréablement surprise ! Il faut dire que quand c'est signé Tom Hanks, le bénéfice du doute s'impose ...
De quoi je parle ? D'une série TV qui m'immobilise devant mon écran ! Pourtant la problématique laisse très sceptique : la polygamie illégale américaine.
Les personnages sont mormons fondamentalistes. Il s'agit d'une famille américaine de l'Utah, mormone polygame vivant cachée et essayant de se fondre discrètement dans la masse urbaine. Elle est cependant constamment rattachée aux démons et problèmes de l'imposante communauté mormone aux principes ancestraux. C'est un scénario plutôt original où il ne s'agit ni de défendre, ni de juger le mormonisme. Le sujet soulève, rien qu'en l'imaginant, beaucoup de situations marrantes et de sources d'ennuis. Et bien que mon instinct féministe m'empêche de trouver quelque chose de bon à défendre dans le mode de vie des personnages, Big Love est ma première série coup de coeur (pas toute fraîche n'empêche) depuis bien longtemps ... 

Pour ceux qui ne savent pas trop en quoi la religion mormone (alias l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours = SDJ pour les plus patients) consiste, voici un petit topo objectif de ce que j'ai retenu de la foi mormone, qu'il est quand même bon de savoir au préalable, histoire de ne pas trop ramer sur certains passages de la série, pour ceux qui regarderaient ... 

L'église mormone est dirigée par un prophète vivant, les prophètes se succédant à la tête de l'Eglise comme se succéderaient des papes ou des héritiers au trône dans un royaume. Elle a été fondée par Joseph Smith (premier prophète donc) après la vision d'une manifestation spirituelle, il est en même temps l'auteur du Livre de Mormon. Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de mormons.
Les fondamentalistes sont polygames, les hommes peuvent épouser un nombre illimité de femmes. Pour eux, la famille est le seul ticket d'entrée vers "l’éternité". Plus la famille s'agrandit, mieux sera sa place dans l'au-delà. Enfanter est le souci n°1 des mormones, mais le but de cette reproduction perpétuelle est céleste uniquement. 
Le mariage mormon n'a de valeur que s'il se fait dans un temple de l'Eglise de J-C des SDJ. Le mariage contractuel ne veut rien dire pour les mormons. Les mariés sont "scellés" pour l'éternité dans le temple et les enfants sont "scellés" à leur parents par le baptême mormon. L'union des époux et par extension la famille qui en découle sont ainsi dites "éternelles". C'est pourquoi "jusqu'à ce que la mort vous sépare" est plutôt risible aux yeux des mormons ...
Préférant l'image de la résurrection, les mormons n'aiment pas le symbole de J-C sur la croix et encore moins les statues qui l'accompagnent dans les églises chrétiennes classiques. Le temple mormon n'a rien en commun avec les bâtisses classiques ... seul l'ange Moroni symbolise la foi mormone.
La femme fondamentaliste mormone est (on s'y attend !) femme au foyer, soumise et loyale. Son uniforme quotidien est une robe épaisse la couvrant des poignets aux chevilles, aux manches gonflées et aux couleurs acidulées. Elle ne se coupe jamais les cheveux, elle en fait une très longue tresse en gonflant considérablement une large mèche au dessus du front. Elle a le droit de procréer et d'éduquer ses enfants. Si éventuellement une des épouses travaille, les revenus sont à la disposition du mari, qui répartit les ressources à sa guise. Les biens sont partagés par toute la famille.
Les mormons ne consomment pas de tabac, d'alcool, de drogue, de thé ou de café. Ils s’abstiennent sexuellement avant le mariage. Ils ont le devoir de payer la dîme à l'Eglise (10% de tous leurs revenus). Ils jeûnent pour se repentir. Ils s'opposent à l'avortement, à l'homosexualité, à la violence, aux jeux de hasard, à la pornographie, aux tatouages et aux piercings.

La polygamie a cependant été bannie à la fin du 19ème siècle par l'Eglise mormone après avoir cédé aux fortes pressions et nombreuses menaces de démantèlement de l'Etat. Les unions polygames n'ont pas cessé pour autant, conscientes de l'obstacle politique et vivant cachées des autorités.
L'Eglise ayant renié le mariage plural et les Etats-Unis le considérant comme illégal, rien ni personne ne protège les épouses "secondes", si ce n'est celles qui vivent reculées des milieux urbains au sein des communautés mormones.
Les mormons américains s'entendent généralement bien avec les musulmans américains, fait peu étonnant vu la proximité de beaucoup de leurs principes respectifs.

Et voilà pour le topo. La famille Henrickson est donc prise sous ce cadre là. Bill, ses 3 femmes et ses 7 enfants. Le casting apporte toute sa saveur à la série. Aucun personnage ne fait tâche, les chances sont nombreuses pourtant vu le nombre considérable d'acteurs dans la série ... mais polygamie oblige, j'oubliais !  
Barbara ('Barb') : la première épouse, "l'officielle", la sage, la pieuse. 
Nicolette ('Nicki') : la seconde épouse, mormone pure, coincée, stricte et en mal d'amour. Un rôle tout juste taillé pour le don de Chloë Sevigny à simuler les froides antipathiques, un Golden Globe à la clef.
Margene ('Margie') : la dernière épouse, jeune, insouciante, naïve, attachante et magnifiquement puérile. Ginnifer Goodwin fait une parfaite femme-enfant. 
Bill : l'époux, le business man autoritaire, le sauveur, le monsieur sait-tout pieux que joue Bill Paxton et que j'adore détester au fur et à mesure des saisons ...
Sarah : l'aînée, la différente, la secrète, l'opposante discrète à l'héritage religieux.
Ben : le second, l'adolescent influençable en mal d'identité religieuse.
Romanle prophète mormon chef de la communauté, digne d'un voyou se cachant derrière Dieu pour justifier ses actes. C'est en même temps le père de Nicki.

Pour les curieux, la série est disponible en streaming ici. Et comme je le rabache souvent, vive l'authenticité, vive les versions originales sous-titrées. Exit les doublures !

Zemmour dans le viseur

En attente sur le pilori, les yeux tous ronds et le sourire niais, Eric Zemmour se fait gentil et tout petit.
A toujours faire fixette tous plateaux TV confondus sur son débat fétiche qu'est l'immigration, il a fini par ne plus savoir déguiser ses propos ô combien piquants tous les uns autant que les autres! Rokhaya Diallo (présidente de "Les Indivisibles", association antiraciste) l'aura bien mis hors de ses gonds sur le plateau d'Ardisson, et on l'aime bien rien que pour ça :-)
Aperçu, pour le plaisir des oreilles !



Dommage que Zemmour ne soit pas français "de souche", Le Pen l'aurait sans doute attiré sous sa houlette! :-D


Tout ça est jouissif pour bien du monde évidemment. Ca excite les foules, surtout grâce à l'effet "show" instauré par Ardisson, gagnant au change, qui en rajoute une couche avec son intitulé "Immigration-Zemmour dérape", comme si lui même y croyait ! Zemmour : 
"Il mime un effarement scandalisé d’autant plus surjoué qu’il est enregistré et inséré a posteriori, tandis que pendant l’émission, il avait pris un air patelin, pour me glisser à l’oreille : «tu as un rôle très important dans la société de dire les vérités qui dérangent... Ne t’inquiète pas, je te protégerai au montage...". 
Il a du oublié ses propos depuis puisque il attaque Zemmour en diffamation ...

Quoiqu'il en soit, ce fût l'occasion idéale pour les organisations antiraciste de contre-attaquer après que ce cher et tendre chauvin ait pris auparavant le soin (car Zemmour n'oublie personne!) de toutes les juger comme étant "inutiles, coûteuses et sans légitimité démocratique". Et c'est bien ce qu'elles font. La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme) se plaint : "A la lumière de son dernier ouvrage Mélancolie française, faut-il entendre qu’Eric Zemmour regrette un temps où les trafiquants étaient blancs et français ? Le journaliste devrait se souvenir de cette époque pas si lointaine d’avant-guerre où, dans notre pays, pour les tenants de cette rhétorique il ne faisait pas bon de s’appeler… Zemmour."
La LICRA finit par poser plainte contre lui, suite à quoi le boss de notre gus, directeur de la rédaction du Figaro, "le convoque lundi prochain pour un entretien préalable à un éventuel licenciement".
Zemmour a envoyé un communiqué (où il s'excuse et s'explique) à la LICRA depuis mais cette mort médiatique que tout le monde guette est une chose à laquelle j'ai beaucoup de mal à croire ... Zemmour est encore loin de prendre ses cliques et ses claques puis la porte. La politique à la Zemmour ne peut pas rimer avec stupidité, pas assez en tous cas pour s'être soi-même mis la tête sur le gril. Il a l'air seul envers et contre tous mais il n'en est rien. Son air hagard placardé sur tout article à ce sujet lui donne un air de repentant qu'il n'est pas du tout. Il a suffisamment de soutien derrière pour se permettre de heurter sans conséquences notables. Un soutien qui n'aimerait pas se faire connaître. Mais parmi la minorité connue se trouvent les membres du Figaro pour commencer. Mieux : il a des centaines de messages de réclamation des abonnés au Figaro qui menacent de se désabonner, et au programme de demain une manif devant les bureaux du Figaro. Et puis on peut toujours compter sur les fanas de la liberté d'opinion et d'expression (tout à fait légitime, j'en conviens) pour compléter le panel.
Zemmour est l'ambassadeur de la presse d'extrême droite qui n'a rien à perdre à se faire huer. C'est à leur main un instrument intelligent qui trouve son compte à être la persona grata de ceux dont le racisme s'exprime par tous les moyens autres que celui sanctionné : la parole. Et s'il y a bien quelqu'un à réprimander dans tous ça c'est bien ceux dont le racisme cause plus de tord que d'audimat. Les projecteurs sont sur le second, jamais sur le premier.

"La plupart des délinquants sont Arabes et noirs". Le monde s'est accroché à cette phrase. Voilà. L'écoute s'est arrêté là et tout le monde mitraille depuis 20 jours. Le débat n'évolue pas, les confrontations stériles reprennent du service et ne servent qu'à remettre toujours et encore le sujet-phare de l'immigration sur le tapis. A croire que jamais ça ne s'arrêtera. Les vraies questions elles, elles ne sont pas pour demain.
Mais parmi elles, paradoxalement, une que Zemmour, aussi détestable puisse-t-il être, a le mérite de soulever dans son communiqué, où il revient à la charge, toujours aussi fidèle à lui-même :
"On me rétorque un peu facilement qu’il n’y a pas de statistiques ethniques pour prouver mes dires. Pourtant, devant une commission parlementaire du Sénat, Christian Delorme, surnommé «le curé des Minguettes», ne déclarait il pas : « en France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons, impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas encore en parler.»

Il y a quelques années, une enquête commandée par le ministère de la justice, pour évaluer le nombre d’imans nécessaires, évaluait le pourcentage de «musulmans dans les prisons» entre 70 et 80%. En 2004, l’islamologue Farhad Khosrokhavar, dans un livre «L’islam dans les prisons ( Balland) confirmait ce chiffre. En 2007, dans un article du Point, qui avait eu accès aux synthèses de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP) et de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) on évaluait entre 60 et 70% des suspects répertoriés issus de l’immigration. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la direction centrale des RG relevait que 85% de leurs auteurs sont d’origine maghrébine. Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes, établissaient que 87% étaient de nationalité française; 67% d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. La «plupart» est donc, au regard de ces chiffres, le mot qui convient.

Mes contempteurs pourraient d’ailleurs me rétorquer que ces chiffres prouvent bien que les personnes issues de l’immigration sont défavorisées, puisque depuis Victor Hugo, on sait bien que c’est la misère qui crée la délinquance. On pourrait aussi rappeler que dans tous les pays d’immigration, les derniers arrivés donnent souvent les gros effectifs à la délinquance - Irlandais dans l’Amérique du XIXème siècle, Marocains dans l’Israël des années 50, Russes aujourd’hui. Ces arguments ne sont d’ailleurs pas sans fondement, mais on ne me les présente nullement. On exige seulement que je me taise."

Sauf que beaucoup aimeraient qu'il se taise pour d'autres raisons bien plus simples : rompre le cycle : arrêter d'alimenter le débat qui aboutit sur l'effet pervers qu'est la stigmatisation de ces "noirs et arabes", qui à son tour instaure une ambiance pour le moins nauséabonde encourageant toutes les hostilités, ce qui à son tour mène au débat (et rebelote). La boucle et bouclée.

Un peu plus loin, il exprime vouloir poursuivre le débat en dehors du cadre de la justice :
"Notre rencontre a eu le mérite d’ouvrir un dialogue qui je l’espère pourra se prolonger, hors de l’enceinte d’un tribunal."
Résultat, La LICRA lui donne RDV demain jeudi sur le plateau de BFM TV ... En effet, jamais ça ne s'arrêtera.

Papa Noel fils adoptif de Papy Cola

Evidemment, les musts des billets un 25 décembre portent sur les fêtes de Noël ... je ne sortirai donc pas du lot. Non pas par manque de topics mais parce que j'aime m'amuser à rappeler que papa Noël n'a rien de chrétien :-) que c'est une invention d'inspiration religieuse certes mais à but purement commercial.
Mais avant de mitrailler Santa Claus, à tous ceux qui le fêtent je souhaite bien sûr un joyeux Noël, avec tout plein de cadeaux sous le sapin et des repas copieux à s'empiffrer non-stop ! :-)

Le père Noël est inspiré d'un saint des pays de l'est, Saint Nicolas (Sinterklaas, devenu Santa Claus). La dimension religieuse s'arrête là.
Saint-Nicolas même est inspiré de Nicolas de Myre, un évêque originaire de Turquie, ayant vraiment vécu, entre l'an 250 et 343. Il est grand, mince et aussi barbu que Merlin l'enchanteur. Il porte un long manteau rouge, une mitre sur la tête façon Benoit XVI et une crosse à la main. Il est le protecteur des enfants, des veuves et des faibles. Il est feté le 6 décembre, jour de sa mort.
Inspiré du personnage jovial dans un traîneau dans un conte pour enfant écrit par un pasteur américain, puis d'une caricature d'un journaliste new-yorkais, Saint-Nicolas se relooke. La mitre devient bonnet façon Merlin. Quelque peu stricte, la crosse devient canne de sucre d'orge. Sucre d'orge oblige, Saint-Nicolas développe des rondeurs de partout, jusqu'aux pommettes. Et cerise sur le gâteau, il souffre de myopie.
Saint-Nicolas est devenu plus sympa, plus ''paternel''. Il est devenu papa Noël.

En 1931, Coca-cola adopte le nouveau papa Noël comme égérie. Bien entendu, le fait que les couleurs de son costume soient les mêmes que ceux de la marque n'y est pas pour rien. Et puis décembre est plus la période du vin chaud que du Coca-Cola, papa Noël est donc là pour rappeler papy Cola en attendant les jours de météo plus clémente.
Où est la naissance du christ dans tout ça? Ou le christ même? On ne sait pas.
Pourquoi une dinde au repas de Noël ? On ne sait pas.
Pourquoi un sapin? On ne sait pas. Symbôle du pôle nord, résidence du père Noël ?
En tout cas, vu la masse des ventes en période de fêtes, une chose est certaine, papa Noël est très très important pour le commerce.
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